Planter un olivier en pleine terre se joue sur deux points : le bon moment et un sol qui ne retient pas l’eau. La règle générale est simple. À l’automne dans les régions aux hivers doux, au printemps partout ailleurs, une fois les dernières gelées passées. Le reste (emplacement, trou, arrosage) découle de ces deux contraintes.
Quand planter un olivier en pleine terre ?
La meilleure période de plantation s’étend de la mi-mars à la mi-juin, quand le risque de gel est écarté. L’olivier (Olea europaea) supporte mal le froid vif, surtout pendant ses premières années. Un jeune plant mis en terre trop tôt, avant que les racines n’aient colonisé le sol, ne résiste pas à une nuit à -8 °C.
Le calendrier varie selon votre climat. Voici des repères à ajuster selon votre microclimat local.
| Zone climatique | Période idéale | À savoir |
|---|---|---|
| Littoral méditerranéen, Corse | Septembre à novembre, ou mars à avril | L’automne favorise l’enracinement avant l’été. |
| Sud-Ouest, vallée du Rhône, façade atlantique douce | Fin mars à mai, ou début octobre | Automne possible si l’hiver reste clément. |
| Centre, Est, intérieur des terres | Mi-avril à juin | Attendre la fin des gelées tardives. |
| Nord et régions froides | Mai à mi-juin | Jamais en automne : le gel guette le jeune plant. |
Peut-on planter un olivier hors zone méditerranéenne ?
Oui, c’est possible, à condition de jouer sur trois leviers. Plantez au printemps pour laisser un été entier à l’arbre, choisissez un emplacement abrité (idéalement contre un mur exposé au sud) et optez pour une variété adaptée. Leccino, Picholine ou Arbequina ont la réputation de mieux tolérer le froid que d’autres.
La rusticité d’un olivier adulte et bien installé lui permet d’encaisser brièvement des gelées modérées. Le jeune plant, lui, reste fragile. Dans les régions les plus froides, la culture en pot, rentrée l’hiver, reste une alternative plus sûre que la pleine terre.
Choisir l’emplacement et le sol

L’olivier réclame une exposition ensoleillée, avec au moins six à huit heures de lumière directe par jour. Sans soleil, il pousse mal et fructifie peu. Pensez aussi à l’espace : sa couronne s’élargit avec les années, prévoyez plusieurs mètres autour du tronc.
Côté sol, il apprécie un terrain drainant, même pauvre ou calcaire. Ce qu’il ne supporte pas, c’est l’engorgement : une terre lourde qui reste détrempée en hiver asphyxie les racines et provoque des maladies. Pour tester, creusez un trou, remplissez-le d’eau et observez. Si elle met plus de quelques heures à disparaître, il faudra améliorer le drainage ou planter sur une légère butte.
Comment planter un olivier en pleine terre, étape par étape ?
Une fois l’emplacement choisi, comptez une demi-heure de travail. Voici la marche à suivre.
- Faites tremper la motte dans un seau d’eau une heure environ, jusqu’à ce que les bulles cessent.
- Creusez un trou de plantation deux fois plus large que la motte, mais à peine plus profond. Ameublissez le fond et les parois à la fourche.
- En sol lourd, déposez au fond quelques centimètres de gravier ou de cailloux pour assurer le drainage.
- Posez l’arbre de façon que le haut de la motte affleure le niveau du sol, voire dépasse de quelques centimètres en terrain argileux.
- Rebouchez avec la terre du jardin, éventuellement mélangée à un peu de sable, puis effectuez un tassement léger avec le pied pour chasser les poches d’air.
- Installez un tuteur côté vent dominant, sans abîmer la motte, et fixez le tronc avec un lien souple.
- Formez une cuvette autour du pied et arrosez abondamment.
Évitez d’apporter du fumier frais ou de l’engrais riche au fond du trou. Les racines doivent aller chercher les ressources en profondeur plutôt que de rester près du pied.
Arrosage et protection pendant la première année
À la plantation, versez 20 à 30 litres d’eau pour plaquer la terre contre la motte. Pendant le premier été, un arrosage copieux une fois par semaine suffit, davantage en cas de canicule. Ensuite, espacez progressivement : l’olivier installé résiste très bien à la sécheresse et préfère un sol plutôt sec à un sol constamment humide.
Un paillage minéral (graviers, pouzzolane) ou végétal limite l’évaporation en été et protège un peu les racines du froid. Dans les régions à risque, une protection hivernale s’impose les premiers hivers : voile d’hivernage autour de la ramure, paillage épais au pied, et jeunes plants couverts lors des nuits annoncées sous -5 °C.
Erreurs fréquentes à éviter

Trois gestes qui font perdre un olivier en un an
Le sol détrempé : planter en terrain lourd sans drainage, c’est condamner les racines à l’asphyxie dès le premier hiver.
La plantation trop profonde : un collet enterré pourrit. Le niveau de la motte doit rester celui du sol.
L’arrosage excessif : un arbre arrosé tous les jours développe des racines superficielles et devient plus vulnérable au gel comme aux maladies.
Autre faute répandue : planter trop tôt au printemps, en se fiant à une belle semaine de mars. Une gelée tardive peut brûler le feuillage, parfois jusqu’au bois.
Entretien de base et fructification
La première année, limitez-vous à une taille de formation légère : supprimez les branches abîmées ou qui se croisent, et gardez une silhouette aérée pour que la lumière pénètre au cœur de l’arbre (pour un olivier cultivé en contenant, voir comment tailler un olivier en pot). Un apport léger d’engrais organique au printemps suffit, sans excès d’azote.
Côté récolte, patience. Un olivier planté jeune met en général trois à cinq ans avant de produire ses premières olives, et la production s’étoffe ensuite avec l’âge. Le choix d’une variété adaptée à votre climat reste le meilleur investissement pour y arriver.





