La procédure décrite ici s’applique aux VMC double flux compactes comme l’Airmax Compact : un caisson de taille réduite, posé en combles ou dans un placard technique. Le déroulé est général ; les cotes, le sens des raccordements, le diamètre des gaines et les réglages dépendent de la notice du fabricant, à garder sous la main pendant toute la pose.
Les étapes de pose en bref
Installer une VMC double flux revient à fixer le caisson, raccorder quatre réseaux de conduits, poser les bouches dans les bonnes pièces, brancher l’alimentation électrique, puis régler les débits d’air, comme le détaille le guide sur la pose d’une VMC Aerovent Optimum 2. Le caisson abrite l’échangeur thermique, qui transfère une partie de la chaleur de l’air extrait vers l’air neuf. Les appareils récents affichent en général un rendement supérieur à 85 %, mais ce chiffre n’est atteint que si le réseau est étanche, isolé et bien équilibré.
Les quatre réseaux sont la prise d’air neuf, l’insufflation dans les pièces principales, l’extraction dans les pièces de service et le rejet d’air vicié. Dans l’ordre, on choisit l’emplacement du caisson, on perce les passages vers l’extérieur, on tire les gaines, on installe les bouches, puis on termine par le raccordement électrique, la mise en service et les mesures de débit.
Ce qui change sur un modèle compact
Le caisson réduit se glisse dans un volume plus petit, mais les raccords sont rapprochés : les gaines ont moins de place pour dessiner des courbes douces. Vérifiez dans la notice les dégagements à respecter, l’espace nécessaire pour ouvrir la trappe des filtres et le diamètre de raccordement imposé. Un modèle compact n’autorise pas pour autant de réduire la longueur de gaine ou de se passer de l’isolation des conduits.
Avant de poser : emplacement du caisson, normes et matériel
Le caisson se place dans un volume accessible, de préférence chauffé ou au moins hors gel, et assez résistant pour supporter son poids : placard technique, cellier ou combles aménagés. En combles perdus, les conduits isolés et le caisson doivent être protégés du froid pour limiter la condensation. L’accès doit rester dégagé, car il faudra changer les filtres et nettoyer l’échangeur plusieurs fois par an.
Plus le caisson est proche des sorties extérieures, plus les gaines d’air neuf et d’air rejeté sont courtes, donc moins sujettes aux pertes de charge et au bruit. Prévoyez aussi une évacuation des condensats à proximité, avec un siphon si la notice le demande.
Côté réglementation, la pose s’appuie sur le DTU 68.3, et les arrêtés sur l’aération des logements fixent les débits minimaux selon le nombre de pièces principales. Prévoyez le caisson et ses supports, des gaines rigides ou semi-rigides, des gaines isolées pour les volumes froids, des manchettes, colliers et suspentes, des bouches d’insufflation et d’extraction, deux traversées extérieures (façade ou chapeau de toiture) et du ruban d’étanchéité adapté.
Pose pas à pas : prises d’air, caisson et bouches

Positionner la prise d’air neuf et le rejet d’air vicié
La prise d’air neuf se place dans un endroit sain, à l’écart de toute source de pollution : sortie de hotte, chaudière, voie de circulation, bac à ordures. Le rejet d’air vicié doit en être éloigné pour que l’air évacué ne soit pas repris aussitôt ; la notice indique souvent une distance minimale. Les deux sorties passent par la façade ou par un chapeau de toiture, avec une traversée parfaitement étanche et protégée de la pluie.
Fixer le caisson et tracer le réseau de gaines
Le caisson se fixe sur un support solide, de niveau, avec des suspentes ou des plots antivibratiles pour limiter le bruit transmis à la structure. Respectez la position imposée par le fabricant, en particulier pour les condensats. Tirez ensuite les gaines par les trajets les plus courts, avec le moins de coudes possible. Les gaines d’air neuf et d’air rejeté sont les plus exposées à la condensation : elles doivent toujours être isolées.
Une légère pente vers l’extérieur ou vers le point de purge évite que l’eau ne stagne. Les raccords se font avec des manchettes et du ruban d’étanchéité, sans plier ni écraser la gaine : une gaine pincée augmente les pertes de charge, génère du bruit et dégrade le débit.
Installer les bouches d’insufflation et d’extraction
L’air neuf est insufflé dans les pièces principales (séjour, chambres, bureau) et l’air vicié extrait dans les pièces de service (cuisine, salle de bains, WC, buanderie), ce qui assure un balayage efficace du logement. Placez les bouches d’insufflation en hauteur, loin des lits et des canapés, pour éviter les courants d’air. Les bouches d’extraction se posent près des sources d’humidité, jamais directement au-dessus d’une plaque de cuisson.
Chaque bouche se raccorde à une gaine individuelle, avec un registre ou un réglage de débit pour équilibrer le réseau. Laissez-les fermées ou protégées tant que plâtrerie et peinture ne sont pas terminées.
Raccordement électrique, mise en service et tests
Le raccordement se limite en général à une alimentation 230 V monophasée protégée par un disjoncteur dédié, parfois avec une commande déportée pour la vitesse ou le mode boost. Suivez les schémas de la notice, car les bornes et options (by-pass, sondes, préchauffage) varient selon les modèles. Si vous n’êtes pas à l’aise avec l’électricité, confiez cette étape à un professionnel.
Avant la mise en service, vérifiez que les filtres sont en place, que les gaines sont raccordées aux bonnes sorties (l’inversion entre air neuf et air extrait est une erreur fréquente) et que l’évacuation des condensats est libre. Mettez sous tension, puis testez chaque vitesse et le mode boost.
Mesurez ensuite le débit de chaque bouche avec un anémomètre ou un débitmètre et ajustez les registres pour atteindre les débits prévus. L’équilibrage entre air insufflé et air extrait est déterminant : un déséquilibre met le logement en surpression ou en dépression, ce qui nuit au rendement et à l’étanchéité à l’air. Terminez par une écoute du bruit : un sifflement trahit souvent une gaine contractée ou une bouche mal réglée.
Erreurs courantes et conformité de l’installation
Les défauts les plus fréquents sont des gaines non isolées en volume froid, des réseaux trop longs ou trop coudés, un caisson impossible à ouvrir pour entretenir l’échangeur, des prises d’air neuf trop proches d’une source de pollution, des raccords mal serrés et une évacuation des condensats mal pentée.
L’installation doit respecter le DTU 68.3, les débits réglementaires et les consignes de la notice. Gardez la fiche de réglage, les mesures de débit et les références du matériel : ils prouvent la conformité en cas de contrôle ou d’aide financière à la rénovation.
Condensation dans les gaines : le point à surveiller
Un air extérieur froid qui traverse une gaine non isolée dans des combles fait apparaître de l’eau en quelques jours d’hiver. Cette humidité abîme les isolants et favorise les moisissures. Une gaine isolée sur toute sa longueur règle le problème dès la pose.
Entretien : filtres et échangeur

Les filtres s’encrassent et se remplacent généralement tous les 3 à 6 mois, selon la qualité de l’air extérieur et l’usage du logement. L’échangeur se nettoie une à deux fois par an, en suivant la notice pour le démonter sans l’abîmer. Vérifiez aussi les bouches d’extraction, qui s’encrassent de graisse en cuisine, ainsi que l’évacuation des condensats. Une inspection du réseau tous les quelques années contrôle l’isolation, la propreté des conduits et l’absence de fuite.
Checklist de vérification après l’installation
- Le caisson est fixé, de niveau, accessible, avec les dégagements prévus par la notice.
- Les quatre réseaux (air neuf, insufflation, extraction, rejet) sont raccordés aux bonnes sorties.
- La prise d’air neuf est éloignée du rejet d’air vicié et de toute source de pollution.
- Les gaines en volume froid sont isolées, étanches, sans pli ni écrasement.
- L’évacuation des condensats est raccordée, avec pente et siphon si requis.
- Les filtres sont posés et la trappe d’accès s’ouvre sans difficulté.
- Les débits mesurés à chaque bouche correspondent aux valeurs visées.
- Le niveau de bruit est acceptable dans les chambres et le séjour.
- Le raccordement électrique est protégé et conforme aux schémas du fabricant.





