Poser une VMC double flux VentilPure Compact demande de la méthode, car l’appareil relie deux réseaux d’air distincts à un même caisson. Pour un modèle voisin, le guide sur la VMC double flux Airmax Compact détaille la même logique de pose. Le chantier se joue sur l’emplacement de l’unité, le tracé des gaines de ventilation et la qualité des raccordements. Voici la marche à suivre, en gardant la notice du fabricant sous la main pour toutes les valeurs précises du modèle.
Le principe de pose en sept étapes
La VMC double flux fonctionne avec deux circuits séparés. Un réseau extrait l’air humide des pièces de service, l’autre insuffle de l’air neuf filtré dans les pièces de vie. L’échangeur thermique du caisson récupère une partie de la chaleur de l’air extrait pour préchauffer l’air entrant, sans que les deux flux se mélangent. Voici l’ordre logique du chantier :
- Vérifier la faisabilité (emplacement, passage des gaines, alimentation électrique, évacuation des condensats).
- Choisir l’emplacement du caisson et le fixer.
- Tracer et poser les gaines d’insufflation et d’extraction.
- Installer les bouches d’insufflation et d’extraction.
- Raccorder la prise d’air neuf et le rejet d’air vicié.
- Réaliser le raccordement électrique.
- Procéder à la mise en service et au réglage des débits.
Chaque étape a ses points de vigilance, détaillés ci-dessous. Les dimensions, les diamètres de piquage, les débits et le rendement exacts du VentilPure Compact figurent dans la notice du fabricant : consultez-la avant tout percement.
Préparer le chantier et le matériel
Avant de commencer, repérez un emplacement accessible pour le caisson, de préférence dans le volume chauffé : comble aménagé, cellier, garage isolé ou placard technique. Un local froid favorise la condensation et dégrade les performances de l’échangeur thermique. Prévoyez aussi de l’espace libre autour de l’appareil pour changer le filtre et nettoyer l’échangeur.
Contrôlez ensuite que vous pouvez créer deux réseaux de gaines, rejeter l’air vicié à l’extérieur sans le reprendre dans les combles, et disposer d’une alimentation électrique protégée. Si un appareil à combustion non étanche est présent dans le logement (poêle ou chaudière à tirage naturel), faites valider la compatibilité par un professionnel avant d’aller plus loin.
Côté matériel, comptez le caisson, la gaine souple isolée ou les conduits rigides, les manchons, les colliers, le ruban adhésif aluminium, les bouches, les traversées de toiture ou de façade, un évacuateur de condensats avec siphon, des supports ou suspentes, un détecteur de câbles et une scie cloche. Pour les bouches et les piquages, choisissez les diamètres indiqués dans la notice.
Poser le caisson et raccorder les gaines

Fixez le caisson sur un support stable, de niveau, avec des suspentes antivibratiles si l’appareil est en plafond ou en combles. Une inclinaison, même légère, peut gêner l’écoulement des condensats. Orientez l’appareil de façon à ce que les piquages soient accessibles sans torsion des gaines et que la façade s’ouvre complètement.
Passez ensuite aux gaines de ventilation. Les quatre piquages du caisson correspondent à l’air neuf, à l’air insufflé, à l’air extrait et au rejet d’air vicié : repérez-les un par un sur le VentilPure Compact avant de raccorder, car une inversion ruine tout le principe de la double flux. Privilégiez des tracés courts, avec le moins de coudes possible, car chaque coude réduit le débit d’air et augmente le bruit.
La gaine souple doit rester tendue, sans pli ni écrasement, et les jonctions doivent être étanches au ruban aluminium et aux colliers. Les gaines qui traversent un volume non chauffé, notamment celles de l’air neuf et du rejet, demandent une isolation thermique continue. Sans elle, la condensation apparaît et le rendement chute.
L’erreur classique : les gaines froides non isolées
Le piège le plus fréquent consiste à laisser la gaine de prise d’air neuf et celle du rejet nues dans les combles. L’air chaud et humide y condense, l’eau ruisselle et l’isolant finit trempé. Une gaine pré-isolée, ou un manchon isolant bien jointé, règle le problème dès la pose.
Installer les bouches d’insufflation et d’extraction
Les bouches d’insufflation se placent dans les pièces sèches : séjour, chambres, bureau. Les bouches d’extraction se posent dans les pièces humides : cuisine, salle de bains, WC, buanderie. L’air neuf traverse donc le logement des pièces de vie vers les pièces de service, en passant sous les portes.
Cette circulation suppose des passages de transit suffisants. Détalonnez les portes intérieures d’environ 1 cm (ou prévoyez des grilles de transfert), faute de quoi l’air stagne et le débit annoncé n’est pas atteint. Placez les bouches d’insufflation en hauteur, loin des portes, pour éviter les courants d’air désagréables, et celles d’extraction à distance des sources d’humidité directes comme la douche ou la plaque de cuisson.
Fixez chaque bouche sur son manchon avec un joint, de façon étanche. Vérifiez que le piquage est dans l’axe de la bouche, sans gaine écrasée juste derrière. Notez l’emplacement de chaque bouche pour le réglage ultérieur.
Raccorder l’électricité, la prise d’air neuf et le rejet
La prise d’air neuf doit se situer à distance de toute source de pollution : sortie de chaudière, cheminée, bac à poubelles, voie de circulation. Le rejet d’air vicié se place à plusieurs mètres de la prise d’air, afin que l’air extrait ne soit pas aspiré à nouveau. Les distances minimales sont données dans la notice et dans la NF DTU 68.3, qui encadre la pose des installations de ventilation mécanique. Équipez les deux traversées de grilles ou de chapeaux anti-pluie, avec une pente légère vers l’extérieur.
Évacuez ensuite les condensats : le tuyau du caisson doit rejoindre une évacuation d’eaux usées avec siphon, en pente continue. Un siphon sec ou un tuyau en contre-pente provoque des odeurs ou des fuites.
Électricité : coupez, protégez, faites vérifier
Le raccordement électrique se fait hors tension, après coupure au disjoncteur général. Le caisson doit être alimenté par une ligne protégée par un disjoncteur dédié ou un circuit adapté, conformément à la NF C 15-100 et aux indications de la notice. En cas de doute sur votre tableau, confiez cette partie à un électricien. Pensez aussi à l’aide financière : MaPrimeRénov’ et les autres dispositifs exigent en général que la pose soit réalisée par un installateur RGE, avec facture détaillée. Une pose en autoconstruction peut vous en priver.
Mettre en service et régler les débits

Avant la mise en service, contrôlez que les filtres sont en place, que toutes les gaines sont connectées et que les bouches sont ouvertes. Remettez le courant, puis lancez l’appareil en vitesse normale. Écoutez : un sifflement indique souvent une gaine pincée ou une bouche mal réglée, un bourdonnement un caisson mal fixé.
Le réglage des débits consiste à ajuster chaque bouche pour obtenir le débit d’air prévu par pièce, d’après le dimensionnement du projet. Idéalement, on mesure avec un anémomètre ou un débitmètre. Le paramétrage propre au VentilPure Compact (vitesses, mode été, programmation éventuelle) est décrit dans la notice du fabricant, tandis que la VMC double flux Aerovent Optimum 2 dispose de son propre guide de réglages. Visez un équilibre entre le débit insufflé et le débit extrait, sans écart important, pour éviter de mettre le logement en surpression ou en dépression.
Conformité, erreurs à éviter et entretien
Une installation conforme respecte la notice du fabricant et les règles de l’art de la NF DTU 68.3. Les erreurs qui reviennent le plus souvent sont les suivantes : un caisson placé en volume froid, des gaines trop longues ou écrasées, des passages de transit oubliés, une prise d’air trop proche du rejet, un siphon absent. Chacune dégrade les performances et peut entraîner de l’humidité ou du bruit.
Pour contrôler le chantier, vérifiez l’étanchéité des réseaux, les débits relevés et le bon écoulement des condensats. Un professionnel qualifié peut dresser un procès-verbal de mesures, utile pour justifier la conformité et conserver vos droits aux aides.
L’entretien reste léger mais régulier. Changez ou nettoyez le filtre environ tous les trois à six mois, selon l’environnement et les consignes du constructeur. Nettoyez l’échangeur thermique une fois par an, avec précaution et sans produit agressif. Dépoussiérez les bouches deux fois par an et vérifiez que le siphon contient de l’eau. Un filtre encrassé réduit le débit d’air et augmente la consommation du ventilateur.
Une VMC double flux bien posée fait peu de bruit, renouvelle l’air en continu et limite les pertes de chaleur. Le résultat tient surtout à trois points : l’emplacement du caisson, l’isolation des gaines froides et le réglage des débits à la mise en service.





