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À quelle distance doit-on planter des bananiers entre eux ?

Jeunes plants alignes en rang avec espace regulier visible

Le bananier (Musa) pousse vite et prend beaucoup de place, surtout quand les rejets s’en mêlent. Beaucoup de jardiniers le plantent trop près de son voisin, puis constatent des feuilles abîmées et des récoltes décevantes. Voici les distances à retenir, et surtout la logique qui permet de les adapter à votre terrain.

Distance recommandée entre deux bananiers

Pour la plupart des jardins, comptez 2 à 3 m entre deux plants. Cette distance limite la concurrence pour la lumière, l’eau et les nutriments, tout en laissant la place d’entretenir la touffe et de laisser grandir les rejets. Plus la variété est haute et vigoureuse, plus il faut viser le haut de la fourchette.

Type de bananier Distance entre plants Usage conseillé
Variété naine 1,5 à 2 m Petit jardin, massif, grand bac
Variété de taille moyenne (type Cavendish) 2 à 3 m Jardin familial
Grande variété vigoureuse 3 à 4 m Grand terrain, plantation peu dense
Culture associée à d’autres plantes 4 à 5 m Verger mixte, jardin-forêt
Culture en pot 1 plant par pot, pots espacés d’environ 1 m Terrasse, balcon, véranda

Distances selon la variété et l’espace disponible

La bonne distance dépend d’abord du port du bananier adulte. Un pseudotronc de variété naine dépasse rarement 2,5 m, alors qu’une grande variété peut monter à 5 m ou plus, avec un feuillage qui s’étale largement. Il faut donc prévoir assez d’espace pour que les feuilles des deux plants ne se touchent pas en permanence.

Pour estimer votre densité de plantation, un petit calcul suffit : multipliez la distance entre les plants par l’écartement entre les rangs. Un carré de 3 × 3 m donne 9 m² par plant, soit environ 1 100 plants par hectare. Avec 2 × 2 m, on passe à 2 500 plants par hectare, et avec 2,5 × 2,5 m on tombe autour de 1 600. À l’échelle d’un jardin, cela revient à compter un plant pour 4 à 9 m² selon la variété.

Les références agricoles confirment cette fourchette. La FAO cite des distances allant de 2 × 2 m à 5 × 5 m selon la variété et le mode de culture. Dans le sud de la Côte d’Ivoire, le Poyo se plante à 2 × 2 m, et au Cameroun le Gros Michel est cité à 2,85 × 2,85 m. En plantation commerciale en lignes doubles, on resserre à 1,5 à 1,8 m sur la ligne, mais avec 4 à 5 m entre les bandes, ce qui laisse passer les engins et la lumière.

De 1 111 à 6 667 plants par hectare : ce que testent les chercheurs

Une étude sur le Cavendish « Williams » a comparé des densités très différentes. Le bas de l’échelle correspond à environ 3 × 3 m par plant, le haut à un plant sur 1,5 m². Pour un jardinier, la leçon est simple : au-delà d’une certaine densité, chaque pied dispose de trop peu de ressources, et seule une conduite très suivie (eau, fertilisation, rejets) le compense.

Préparer le terrain et planter en respectant l’espacement

Jeune bananier au pied d'un mur en pierre

Choisissez un emplacement bien exposé, avec au moins six heures d’ensoleillement par jour, et abrité du vent qui déchire les feuilles. Un mur au sud ou une haie brise-vent crée un microclimat plus doux, très utile en climat tempéré. Le sol doit être riche, profond et drainant, car le bananier supporte mal l’eau stagnante.

Avant de creuser, piquetez l’emplacement de chaque plant avec un cordeau et des tuteurs pour respecter vos distances. Le trou de plantation fait environ 50 cm de côté et de profondeur. Mélangez la terre extraite avec du compost mûr, placez le plant sans enterrer le haut de la motte, puis arrosez abondamment. La plantation se fait au printemps, quand le sol s’est réchauffé et que les gelées sont passées.

En pot, choisissez un contenant d’au moins 40 à 50 litres pour une variété naine, avec un bon drainage. Plantez un seul bananier par pot : deux plants dans le même contenant se font vite concurrence. Gardez environ un mètre entre les pots pour que l’air circule autour des feuilles.

Entretenir et gérer les rejets sans surcharger la touffe

Un bananier produit en continu des rejets (ou drageons) à sa base. Si vous les laissez tous, la touffe s’élargit chaque année et finit par empiéter sur le plant voisin, ce qui annule l’effet de votre espacement. La règle courante consiste à garder le pied principal, un rejet bien placé pour la génération suivante, et à supprimer les autres.

Ce principe a une conséquence directe sur vos distances. Comme la touffe se déplace peu à peu autour du plant d’origine, comptez dès le départ la place d’un pied mère et de son successeur. Supprimez les rejets surnuméraires avec une bêche bien tranchante, ou repiquez-les ailleurs pour obtenir de nouveaux plants.

Le bananier est gourmand : arrosez régulièrement, sans détremper, et apportez un engrais riche en potasse pendant la saison de croissance. Un paillage épais de 10 cm autour du pied conserve l’humidité et nourrit le sol. Un espacement correct rend ces gestes plus simples, car vous circulez entre les plants sans abîmer les pseudotroncs.

Conséquences d’un espacement trop serré

Bananiers hauts et fins tendus vers le soleil

Des bananiers plantés trop près se disputent l’eau et les nutriments, ce qui crée une concurrence hydrique dès les périodes sèches. Les plants s’étiolent, montent plus haut à la recherche de lumière et fabriquent des pseudotroncs plus fins. Le régime de bananes arrive plus tard et reste plus petit, voire ne se forme pas.

Le manque d’aération pose un autre problème. Un feuillage dense reste humide plus longtemps, et ces conditions favorisent les maladies fongiques comme la cercosporiose. Les feuilles se tachent, jaunissent, et la plante s’épuise. Un plant isolé, au contraire, sèche vite après la pluie et se défend mieux.

À l’inverse, un écartement trop large gaspille de la place sans améliorer sensiblement la récolte. Si vous hésitez entre deux distances, partez sur la plus généreuse : il est toujours possible de combler l’espace avec un rejet, alors qu’on ne peut pas éloigner deux plants déjà bien installés.

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Article publié par la rédaction de Le Monde De La Maison.

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